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Frédéric Augendre, le texte et l'image

PHOTO D'UN PÉRIMÈTRE : ÉLOGE DE LA PARESSE

12 Mars 2012, 11:32am

Publié par Frederic Augendre

 

carton invitation perimetreLe photoclub de Palaiseau, aux activités duquel je participe avec bonheur depuis un peu plus de deux ans, se livre à une de ses expositions annuelles, construites autour d'un thème imposé sur lequel nous travaillons ensemble une saison durant. Les exercices de la saison 2010-2011 tournaient autour de la notion de "Périmètre" : un lieu géographique, définissable par des limites ou des frontières, que chaque photographe devait se choisir et décrire par ses images. Difficile de raconter ici les chemins très variés par lesquels chacun a pu interpréter ce thème, je ne peux que vous inviter à la MJC de Palaiseau (Essonne) pour voir ces travaux qui, présentés collectivement, affichent une vraie cohérence.

 

Mon périmètre personnel était mon pâté de maison à Boulogne Billancourt. Il est permis de se demander pourquoi, résidant à Boulogne, j'appartiens au photoclub de Palaiseau, la raison est qu'ayant décidé de m'investir résolument dans la photographie en quittant fin 2009 le Parisien pour réorienter mes activités journalistiques, je me suis tourné vers mon collègue et ami Olivier Corsan, aussi bon pédagogue que photographe, qui anime depuis plus de vingt ans le club de Palaiseau. Lui-même n'habite pas (plus) là-bas, il est Parisien, mais Palaiseau est la ville de son adolescence, et Olivier rend à la MJC ce qu'elle lui a donné. C'est une belle vision du bénévolat, cela peut aussi s'appeler de la fidélité.

 

Retour à Boulogne. Choisir un périmètre à sa porte est sans doute une forme de paresse, c'était tout aussi vraisemblablement un contre-pied inconscient au nomadisme invétéré qui me fait courir par monts et océans, aussi bien dans mes activités professionnelles que dans mes loisirs. En mer comme du haut des sommets on ne cesse de repousser l'horizon, et au moment de fixer des bornes à un travail particulier, il était bien plus simple de se limiter au parralélogramme décrit par les quatres rues autour de chez moi.

 

Sans que je n'y prenne garde, ce périmètre s'est encore rétréci, pour se réduire à mon arrière-cour et aux bâtiments derrière chez moi. La paresse a atteint son comble lorsque mon travail s'est concentré sur la façade d'un immeuble de bureau situé pile dans l'axe de la fenêtre de ma cuisine, où le soleil et les lumières jouent sur les surfaces réfléchissantes. Mon Nikon a comme cela traîné des semaines sur le plan de travail, prêt à capter une nouvelle nuance dans les couleurs d'une après-midi éclaboussée de soleil, ou d'un jour naissant. J'ai guetté, aussi, ces lucarnes entrouvertes sur un univers de travail resté mystérieux, où certaines lumières s'éteignaient tandis qu'à d'autres étages on effectuait manifestement des heures supplémentaires. De cette patiente collection d'instants, Olivier retiendra quatre images symbolisant l'écoulement du temps devant ma fenêtre, à ces moments particuliers où je traîne avec un bouquin ou un journal, tandis que mijote le frichti du soir, ou qu'infuse le thé du petit déjeuner.

 

facade-lumiere-boulogne

Boulogne-Billancourt, depuis ma fenêtre. Photos F. AUGENDRE

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