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Frédéric Augendre, le texte et l'image

Sous le soleil des Tuileries, des Tour Eiffel et un châle

10 Novembre 2013, 12:17pm

Publié par Frederic Augendre

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L'homme aux oiseaux avec sa veste de treillis, son tatouage et son regard clair (Photo F. Augendre)


Sale temps sur Paris, les dépressions se succèdent, la pluie bat les vitres et l'humeur menacerait presque, si on n'y prenait garde, de devenir aussi maussade que le ciel. C'est tout à fait le genre de journée à trier ses photos, et à exhumer, de préférence, celles où le soleil ne se fait pas désirer.

 

Septembre, ce n'est pas si loin, on se promenait en manches courtes et les fins de journée étaient douces, l'heure d'été laissait tout le loisir de flâner au sortir du boulot. Aux Tuileries, par exemple, où j'ai failli remballer mon appareil photo après que des vendeurs de souvenirs à la sauvette m'aient montré les dents. J'ai alors eu la surprise de voir un couple s'arrêter, pour dire à ceux qui me pressaient de décamper que j'ai parfaitement le droit de photographier tout ce que bon me semble. Cela faisait du bien à entendre, à cette époque où d'aucuns érigent à tort et à travers le sacro-saint droit à l'image, et font preuve d'une invraisemblable parano devant le premier de leur semblable muni d'un reflex. Peut-être, en prenant les photographes pour autant de paparazzi, se voient-ils comme des stars ? Cela m'agace d'autant plus que j'ai cette intuition qu'en voyage les mêmes mitraillent pour leurs souvenirs sans se poser tant de questions. 

 

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Perspective monumentale (photo F. Augendre)


L'intermède m'ayant réconcilié avec mon Nikon et mes contemporains, j'ai poursuivi sous le soleil ma déambulation photographique, en me jurant de ne plus inscrire dans le champ les vendeurs de chapeaux et de tour Eiffel. Mes pas m'ont amené jusqu'à cet homme, qui donnait à bout de bras à picorer au moineaux. Avec son treillis, son tatouage et ses yeux bleu acier il aurait pu passer pour un peu étrange mais même pas, c'était surtout le genre d'homme à avoir des histoires à raconter et à ne pas distribuer aux oiseaux du pain rassis mais de la brioche. Les étourneaux voletaient autour de sa main tandis que les pigeons, allez savoir pourquoi, se tenaient à distance. 

 

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Aux Tuileries, on distribue de la brioche (photo F. Augendre)

 

Les gamins de passage étaient fascinés par le spectacle, l'homme aux oiseaux proposait à qui voulait un morceau de gâteau pour se mêler à la scène, lorsqu'une petite fille sur sa trotinette a déboulé au milieu des pigeons restés au sol à se disputer quelques miettes. Les pourchasser est devenu son jeu, elle a mis une belle pagaille en riant aux éclats.

 

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Chasseur de pigeons à roulettes (photo F. Augendre)


Un peu plus loin deux femmes discutaient, assises sur un muret. Je me suis figuré, ce qui n'a en réalité aucune espèce d'importance, qu'elles étaient espagnoles. 

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Conversation sous un châle (photo F. Augendre)

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