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Frédéric Augendre, le texte et l'image

Voile : le feuilleton des îles

6 Août 2012, 21:01pm

Publié par Frederic Augendre

Ouverture-Ile-Aix.jpg

Entre Aix et continent, le Tricat effleure les lignes de bouchots (Photo F. AUGENDRE)

 

La prochaine livraison du magazine Voiles et Voiliers me donne l'occasion de dire ici un mot - enfin - du feuilleton des îles auquel je participe, tantôt comme photographe, tantôt comme rédacteur. Voici plusieurs années, des équipages de Voiles et Voiliers s'étaient relayés pour suivre le trait de côte, de Dunkerque à Menton, à bord d'un petit croiseur familal reconnaissable à sa coque jaune, qui se faufilait dans les recoins les plus insoupçonnés du littoral français. Le magazine a voulu renouer avec l'épopée du "petit jaune", qui avait tellement marqué son histoire, en partant cette fois-ci à la découverte des îles de France ou des eaux voisines, en tous cas celles que l'on peut visiter d'une bordée au départ de nos côtes, en poussant jusqu'à l'archipel de la Madalena, dans le Nord de la Sardaigne, vers Capraia, située entre Corse et Elbe, ou encore en direction des Anglo-Normandes.

 

Le véhicule du feuilleton est cette fois-ci un petit multicoque de 7,50 m (25 pieds) de long et 5,50 m de large, repliable et transportable. A la fin de l'aventure, qui durera deux ans, notre Tricat 25 aura avalé du kilomètre sur sa remorque, et bouffé plus de milles qu'en toute une vie normale d'un trimaran destiné à la balade côtière avec une petite famille. L'histoire était assez excitante pour que je m'y jette tête baissée, depuis la mise à l'eau dans le golfe du Morbihan (seize noeuds au speedomètre sous spi et par mer plate pour les premiers bords du bateau, les voileux apprécieront) jusqu'à un séjour vivifiant dans l'archipel de Chausey, qu'une météo pourrie n'aura pas réussi à gâcher. Dans l'intervalle (entre autres), une traversée homérique entre le continent et Capraia, suivi d'un convoyage assez musclé aussi pour livrer le bateau à Porto Vecchio.

 

Ouessant_Frederic_Augendre-_DSC3902.jpg

Dans la baie de Lampaul à Ouessant, devant le phare de la Jument (Photo F. AUGENDRE)

 

J'aurai ainsi passé de longues semaines sur l'eau, ce qui n'était pas pour me déplaire, et vécu quelques instants de grâce, comme cette après-midi qui n'en finissait plus dans la baie de Lampaul, mes compagnons profitant à bord du Tricat de la brise fraîchissante et moi, depuis le rivage, d'une lumière comme la Bretagne sait parfois nous gratifier. J'aurai fait la connaissance de gens merveilleux, à Oléron, Porquerolles, Ouessant ou Chausey, dont certains n'ont été que des rencontres éphémères, et d'autres seront devenus des amis. J'aurai partagé, dans l'inconfort relatif du Tricat, de savoureux moments avec des équipiers qui, je l'espère, n'auront pas regretté d'avoir embarqué.

 

Cela a déjà été en partie raconté dans Voiles et Voiliers, et continuera de l'être, dans les mois à venir, mais on ne publie jamais qu'une toute petite partie de nos histoires, parce qu'on ne dit pas tout, parce qu'il faut bien en garder pour soi.

Parce qu'aussi, il n'y a pas assez de pages. Puisque l'essentiel des images demeure par force en marge du récit, je vous inviterai à visiter, pour en voir plus, mon site de photos. Ouessant est déjà en ligne, Aix le sera après la sortie en kiosque du numéro daté de septembre, mais dans l'attente, cette image du Tricat évoluant entre "Le confetti charentais", Fort Boyard et Oléron :

 

Aix Frederic Augendre- DSC7483

Fin d'après-midi dans le Pertuis (Photo F. AUGENDRE)

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