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Frédéric Augendre, le texte et l'image

VOILE : NEAR MISS, UN TP 52 DANS LA HOULE

27 Avril 2011, 12:32pm

Publié par Frederic Augendre

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Un beau bateau, de la mer, un paysage fabuleux. Cela claque, non ? (Photo F. AUGENDRE)

 

Week-end de Pâques à Marseille, deuxième jour de la SNIM, la Semaine nautique internationale de Méditerranée. Tandis que les petites unités continuent de régater en rade, les gros s'élancent pour la grande course, qui les envoie virer nuitamment Porquerolles, et retour. La brise d'Est souffle en rafales, la mer se creuse au large des îles Maïre et Riou, qui ferment la rade de Marseille côté Sud et marquent le début des calanques. Near Miss, déjà bien détaché de la meute, vole dans les vagues.

 

Dans cette compétition de voiliers de course-croisière (un peu plus course, ou un peu plus croisière, c'est selon – on dit aussi bateaux habitables), Near Miss est un cas à part. Cent pour cent régate, pas habitable pour un rond, cette machine de guerre de catégorie « TP 52 » a été conçue à l'origine (sous pavillon suédois et sous le nom d'Artemis) pour le très professionnel circuit Audi Med Cup, où des compétiteurs de très haut niveau s'affrontent en baie, sur des courses à la journée.

 

« C'est un fusil » dit de Near Miss le propriétaire de Speedy, qui terminera deuxième de la SNIM : Speedy, un Marten 49 avec mât carbone et haubans en textile, mais aussi quille relevable, congélo, douches et tout le tremblement. « Un bateau de course qui reste malgré tout camping car » (je vous laisse apprécier le concept du camping car). Par comparaison, le TP 52 orange et noir est un avion de chasse au milieu de jets d'affaire. Et malgré son rating (handicap) plutôt salé, il ne fait aucun doute à mes yeux, au moment où je prends cette photo, que le TP 52 suisse cavale vers une large victoire.

 

Las, quelques sauts de vague plus tard, l'unique drisse de foc va casser net. Oui, l'unique drisse de foc, car sur les petits parcours de l'Audi Med Cup changer de voile dans une remontée au vent serait une perte de temps. Les TP 52 sont comme ça : ultra-light, optimisés jusqu'au bout du plus petit cordage. Percés de partout, aussi, car une foule de réglages traverse le pont. Deux heures de réparation plus tard – réparation effectuée au mouillage sous le vent de l'île Riou – Near Miss repartira, mais n'accrochera pas mieux qu'une cinquième place dans cette grande course de la SNIM.

 

La veille, en rade Nord, c'est la gorge dans laquelle s'enfile la grand-voile, sur l'arrière du mât, qui s'était arrachée, alors que la grand-voile était réduite d'un ris. Selon le barreur François Brénac, c'est la première fois que le bateau naviguait dans cette configuration. En TP 52, lorsque le vent monte au-delà de la limite, on ne réduit pas : le comité de course annule plutôt les régates du jour.

 

Certes, les pros de Near Miss découvrent leur nouvelle machine, et ils en sont à peine au début du travail conduisant à la fiabiliser pour le large. Il n'empêche : j'ai le plus grand respect pour eux, à l'idée qu'ils vont s'attaquer cet été à la course du Fastnet, 605 milles en aller-retour entre l'Angleterre et l'Irlande.

 

J'allais oublier : benoîtement, je pensais que Near Miss évoquait une demoiselle proche, quelque chose comme « la jeune fille d'à côté ». L'expression signifierait en réalité, si mes sources sont bien exactes, un événement raté de peu. C'est sûr, la victoire dans la SNIM 2011 leur tendait les bras, à quelque(s) chose(s) près : un mât plus costaud, une deuxième drisse de foc. Pour résumer, un caractère un peu plus marin. Mes autres photos de la SNIM 2011 sont sur ma galerie.

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